Lors des rencontres de juin et juillet 2026 aux Comores, l’énergie est revenue dans toutes les conversations. Les chiffres du Pacte national sur l’énergie (Mission 300) disent pourquoi : 91 % de l’électricité vient du diesel importé. Sur environ 53 MW installés, seulement 22 MW étaient disponibles en 2024, pour une demande de pointe de 26,2 MW. Produire un kWh coûte 0,76 USD ; le tarif moyen est de 0,43 USD. La différence, environ 22 millions de dollars de subventions par an, pèse sur tout le pays.
La tentation de tout faire en même temps
Face à l’urgence, on voudrait installer partout des panneaux solaires, forer le Karthala et attendre le pétrole. Le plan présenté par Ranza propose l’inverse : un ordre strict.

- Fiabilité et revenus : compteurs, recouvrement, cartographie des pannes. Sans revenus ni réseau fiable, aucun investissement ne tient. Le diesel reste en réserve d’urgence.
- Solaire et stockage sur les sites critiques : hôpitaux, écoles, pompage de l’eau.
- Réduire le risque géothermique : études et pilote sur la Grande Comore, porte par porte.
- Électrification productive : des ateliers, du froid, de la transformation locale.
- Le pétrole, seulement comme bonus encadré.

D’autres îles volcaniques montrent la voie. En Islande, la géothermie chauffe environ neuf foyers sur dix et produit une part importante de l’électricité ; au Kenya, la vallée du Rift en a fait l’une des premières sources d’électricité du pays. Dans les deux cas, des années d’études et de forages d’exploration ont précédé les centrales.
Le pétrole : un espoir à encadrer
À Seleani, M. Ziddini Abdoussalam a présenté la géologie et le potentiel pétrolier des Comores. L’IREX cite des estimations sismiques de plusieurs milliards de barils dans les blocs 35, 36 et 37. Ce sont des estimations : seul un forage peut les confirmer. D’où la règle du plan : aucune dépense anticipée sur des revenus non confirmés ; et si un jour ils arrivent, ils iront d’abord à la dette, au réseau, puis à l’éducation et à l’épargne des générations futures.
Des métiers à chaque étape
Chaque étape crée du travail : installation et maintenance solaire, pose de compteurs, données et tableaux de bord, transformation locale. Le Pacte national vise 1 000 emplois directs et indirects d’ici 2030.




